Doctoral Seminar – Saturday, May 30, 2026 – Environmental History Symposium V – Mythological Machines LUMA Arles
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Mon travail actuel se situe à la croisée de l’histoire des sciences, de la botanique politique et des arts plastiques. Je ne sépare pas la recherche académique de la création artistique : l’une nourrit l’autre pour déconstruire les récits dominants sur la nature et proposer de nouvelles façons d’habiter le monde.
Docteure en histoire moderne, je spécialise dans l’étude des relations entre humains et non-humains (plantes, racines, écosystèmes) à l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles). Mais mon ancrage dans le passé sert un projet résolument contemporain : décoloniser notre imaginaire écologique et repenser nos communs.
English :
My work lies at the intersection of the history of science, political botany, and the visual arts. I do not separate academic research from artistic creation: one feeds the other to deconstruct dominant narratives about nature and propose new ways of inhabiting the world.
With a doctorate in modern history, I specialize in the study of the relationships between humans and non-humans (plants, roots, ecosystems) in the early modern period (16th-18th centuries). But my grounding in the past serves a resolutely contemporary project: decolonizing our ecological imagination and rethinking our commons.
Ma recherche analyse comment les représentations du végétal ont été utilisées pour justifier des hiérarchies de genre, d’espèce et de race. Elle s’articule autour de trois concepts majeurs :
J’ai démontré comment, entre la Renaissance et le Grand Siècle, les savants et artistes ont réécrit les mythes antiques (comme Déméter-Koré) et les descriptions botaniques (comme la mandragore) pour :
- Naturaliser la domination des hommes sur les femmes (la femme = nature passive ou sorcière dangereuse).
- Transformer la plante d’un sujet vivant en un « objet-racine », mesurable et exploitable.
- Imposer une vision mécaniste et extractiviste du monde, effaçant les savoirs empiriques et populaires.
English :
My research analyzes how representations of plants have been used to justify hierarchies of gender, species, and race. It revolves around three major concepts:
I have demonstrated how, between the Renaissance and the Grand Siècle (the 17th century), scholars and artists rewrote ancient myths (such as Demeter-Kore) and botanical descriptions (such as the mandrake) to:
Naturalize male domination over women (woman = passive nature or dangerous witch).
Transform the plant from a living subject into a measurable and exploitable “root-object.”
Impose a mechanistic and extractivist vision of the world, erasing empirical and popular knowledge.
Ma pratique artistique est le laboratoire où ces concepts prennent vie. Je conçois et anime des dispositifs participatifs pour rendre sensibles ces enjeux théoriques.
Le projet RADIS (Recherche-Action, Décentrée, Inclusive, Sensible) est un cycle d’ateliers d’arts plastiques et de réflexion qui invite à :
- Cartographier le corps et le chez-soi : Explorer comment la colonialité se loge dans nos gestes quotidiens, nos objets intimes et nos espaces de vie.
- Décoloniser le regard : Apprendre à voir l’histoire cachée des plantes qui nous entourent, la texture des matériaux, et les récits invisibles qui structurent notre environnement.
- Révéler l’agentivité : Identifier notre capacité d’agir (agency) pour transformer nos habitudes et construire des communs plus justes.
À travers le dessin, le collage, l’écriture et l’observation sensible, les participants ne produisent pas seulement des œuvres, mais expérimentent une nouvelle façon d’être au monde. Il s’agit de passer du statut de consommateur passif de la nature à celui d’acteur conscient d’un écosystème conflictuel et coopératif.
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English :
My artistic practice is the laboratory where these concepts come to life. I design and facilitate participatory projects to make these theoretical issues tangible.
The RADIS project (Research-Action, Decentered, Inclusive, Sensitive) is a series of visual arts and reflection workshops that invites participants to:
Map the body and the home: Explore how coloniality is embedded in our daily gestures, our personal belongings, and our living spaces.
Decolonize our gaze: Learn to see the hidden history of the plants around us, the texture of materials, and the invisible narratives that structure our environment.
Reveal agency: Identify our capacity to act (agency) in order to transform our habits and build more equitable commons.
Through drawing, collage, writing, and sensitive observation, participants not only produce artworks but also experience a new way of being in the world. The aim is to move from the status of passive consumer of nature to that of conscious actor in a conflictual and cooperative ecosystem.
📚 Publications récentes
- « Les femmes et les plantes ou le pouvoir paradoxal du souterrain et du terrestre », Cahiers du Genre, 2023.
- « Concevoir la plante par la racine à l’époque moderne : du passage de la figure anthropomorphique à la racine-objet », Revue Essais, 2026.


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